2 decembre 2025

Gary Hume, Sapin de Noël, 2005. Installation, sapin Nordmann et ornements en acier, découpés au pochoir et peints à la main. Tate Britain, Londres.

2 Décembre

Avez-vous déjà commencé à décorer votre sapin ? Chaque année depuis 1988, la Tate Britain de Londres confie à un artiste le soin de concevoir un arbre de Noël pour sa rotonde. En 2005, le musée invita Gary Hume, une figure majeure de la scène britannique contemporaine, associé au mouvement des Young British Artists. Hume s’était fait remarquer dès le début des années 1990 pour ses grands formats aux aplats de couleurs vives, réalisés avec de la peinture industrielle brillante, et représentant des sujets variés : amis, célébrités, mais aussi des éléments naturels tels que des fleurs ou des oiseaux. Pour son sapin, Hume tempéra toutefois son goût pour la stylisation audacieuse pour proposer une installation discrète et poétique.

L’artiste sélectionna un traditionnel sapin Nordmann avec, en guise d’ornements, une nuée de merles découpés dans une feuille d’acier, au pochoir, dans un geste à la fois simple et précis rappelant ses recherches picturales sur la réduction formelle. Gary Hume peignit ensuite chaque oiseau dans un noir profond avant de les placer sur les branches, comme autant de décorations détournées.

Le choix du merle n’est pas anodin. En effet, c’est l’un des rares oiseaux à ne pas migrer en hiver : il est omniprésent au Royaume-Uni tout au long de la saison froide. Les merles font également partie intégrante de la culture populaire britannique en cette période de l’Avent. Dans le célèbre chant de Noël The Twelve Days of Christmas (écoutez-le ci-dessous si vous ne le connaissez pas 😉) le passage « four calling birds » (« quatre oiseaux appelant ») dériverait de « four coaly birds », soit quatre oiseaux noirs comme le charbon, « coal » en anglais.

Avec ce simple motif, Hume raviva une symbolique profondément hivernale : celle d’une nature qui persiste, même lorsque tout semble figé. Le noir mat des merles en métal fait office de contrepoint silencieux à l’agitation lumineuse des guirlandes modernes. Cette installation ne propose aucune surenchère festive, mais un retour à l’essentiel : un arbre et des oiseaux, veillant sur la nuit de décembre.

Comme souvent chez Gary Hume, la légèreté apparente dissimule une réflexion plus subtile: son sapin de Noël devient alors un signe qui nous invite à ralentir et laisser la poésie de Noël se déposer, tel l’un de ces oiseaux sur leurs branches.

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Fabienne
Fabienne
2 mois il y a

Magnifique de simplicité.

Elisabeth
Elisabeth
2 mois il y a

A la fois moderne et relié aux traditions, c’est très beau ! Et merci de nous accompagner avec ce chant de Noël !

claudine.mouilleau
claudine.mouilleau
2 mois il y a

Merci de nous émerveiller aussi par ce chant Charlotte !

Ghada Weinmann
Ghada Weinmann
2 mois il y a

Love it and enjoy it so much 🎼🎼
Thank you Charlotte

Odile
Odile
2 mois il y a

merci pour cet arbre, décorations surprenantes! et cette chanson de Noël, qui elle aussi fait l’objet de multiples illustrations sur les cartes de Noël 🙂

Charlotte WILKINS
Administrateur
2 mois il y a

Merci à toutes pour vos commentaires 🙂

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