6 Décembre
Le 6 décembre est l’une des dates les plus attendues de l’année par les enfants dans l’Est de la France. Mais saviez-vous que derrière la figure légendaire du distributeur de friandises se cache un évêque originaire de Myre, en Asie Mineure ? Protecteur des enfants, des marins et des voyageurs, il devint également en 1477 le saint patron des Lorrains, suite à la victoire de René II, duc de Lorraine, qui plaça ses troupes sous sa protection face à l’armée de Charles le Téméraire.
Ce vitrail, est l’une des œuvres majeures créées par Jacques Gruber lorsde la reconstruction de l’église Sainte-Marie-Madeleine de Bouxières-aux-Chênes en 1926, suite à sa destruction durant la Première Guerre mondiale. Originaire d’Alsace, ce membre fondateur de l’École de Nancy s’était spécialisé dès 1896 dans l’art du vitrail, que le courant Art Nouveau avait contribué à remettre au goût du jour. Cette iconographie originale mêle la tradition religieuse locale avec une lecture contemporaine de l’histoire récente.
Le panneau commémore la bataille du Grand Couronné, en septembre 1914, lors de laquelle l’avancée de l’armée allemande fut stoppée aux portes de Nancy. La composition monumentalise saint Nicolas, qui apparaît debout sur un nuage, en figure protectrice de la région. Son éclatant habit d’évêque rassemble des nuances complémentaires de pourpre et d’or, attirant toute l’attention du spectateur. D’un geste puissant et solennel de la main droite, il repousse les soldats ennemis. Ces derniers, refoulés dans le coin inférieur gauche, forment une masse vert sombre contenue, d’où se détachent quelques visages résignés.
La qualité picturale du vitrail est incontestable : en effet, loin de se contenter de simples aplats colorés cernés de plomb, Jacques Gruber rehausse les visages et drapés de touches peintes, conférant modelé expressif et intensité dramatique aux personnages.
Le paysage n’est d’ailleurs pas en reste. Les collines du Grand Couronné forment accompagner le geste du saint dans une succession de lignes sinueuses ascendantes. Le ciel embrasé par la guerre, les villages incendiés et les volutes de fumée sont transfigurés par la palette lumineuse du maître-verrier. Les contrastes chromatiques de bleu et d’orange, de rouge et de vert, s’organisent en une mosaïque vibrante où la lumière traverse la verrière comme un symbole d’espérance renaissante. Saint Nicolas incarne alors la résistance morale et spirituelle d’un peuple meurtri mais debout.
Beau vitrail, et merci pour vos explications.
N.B. : peut-être y a-t-il un « bug » dans le calendrier – ou bien est-ce mon écran ? Car je vois, après vos commentaires, la photo d’un diptyque avec dorures, non mentionné en relation avec le vitrail, et sans commentaire…
Merci Odile, effectivement il y avait un bug, bien vu, c’est corrigé ☺️
OK, merci