8 Décembre
Voici une œuvre qui peut étonner dans un calendrier de l’Avent. Pour les Bouddhistes, toutefois, le 8 décembre correspond à la fête de Bodhi qui célèbre l’Éveil du Bouddha. Le Bouddha « historique », nommé Siddhartha Gautama, quitta sa vie luxueuse de prince à l’âge de 29 ans. Renonçant à sa richesse et à sa famille, il partit en quête de réponses pour mettre fin aux souffrances humaines. Après six années de rencontres et de prises de conscience, il atteignit l’illumination par le biais de la méditation et reçut le titre de « Bouddha », ou « Éveillé ».
Ce monumental Bouddha en bronze accueille les visiteurs du musée Cernuschi depuis son origine dans la quiétude de la grande salle aux verrières donnant sur le parc Monceau. Il s’agit de l’un des Bouddhas des plus populaires d’Extrême-Orient : Amida (ou Amitābha en sanskrit, signifiant « Lumière éternelle »). Selon la vision bouddhiste, il existe différents mondes dans l’univers, avec chacun son bouddha. Originellement simple humain, Amida quitta sa vie séculaire de roi pour devenir moine et se consacrer à la quête de la vérité, jusqu’à devenir le bouddha régnant sur la Terre pure de l’Ouest, un paradis dénué de souffrance.
Trônant sur un siège de lotus, symbole de renaissance spirituelle, Amida lève sa main droite, paume face au spectateur, le pouce et l’index en contact. La main gauche, bien que déposée sur sa jambe, effectue le même geste. Cette posture des mains, ou « mudra », est associée à l’enseignement, et à l’argumentation de la doctrine. Il traduit également la présence bienveillante et accessible du Bouddha Amida, dont la compassion accueille tous les êtres dans sa Terre Pure. La statue présente par ailleurs quelques-uns des signes physiques distinctifs communs à tous les bouddhas, soulignant son statut exceptionnel. On note sa protubérance crânienne ou ushnisha (et non, ce n’est pas un chignon !) symbolisant sa sagesse, sa touffe de poils au niveau du troisième œil (urna), ainsi que ses trois plis au niveau du cou (trivali).
Cette œuvre fut acquise par le collectionneur Henri Cernuschi en 1871, lors de son voyage en Asie, pour la modique somme de 500 pièces d’or (ryō). La sculpture se trouvait alors dans le temple Banryūji, un petit temple du quartier de Meguro à Tōkyō, et avait échappé aux flammes d’un incendie quelques années auparavant. Entièrement démontée pour être transporté à Paris, puis réassemblé sur place. Son immense silhouette, lisse et harmonieuse, incarne la spiritualité sereine du bouddhisme japonais.
Statue impressionnante. Être dans cette pièce de musée doit être beau. Merci, je ne connais pas ce musée, et je ne savais pas la signification du 8 Décembre pour les bouddhistes.
J’ai découvert cette fête il y a quelques années en préparant mon calendrier de l’avent! c’est fascinant de découvrir les différentes traditions autour du monde. Merci Odile pour votre commentaire!
Merci Charlotte pour ce magnifique Bouddha, qui me rappelle une belle visite méditative en votre compagnie ;
Oh oui ! j’en garde un très bon souvenir aussi 🙂
Bonjour Charlotte,
Cette oeuvre ne m est pas inconnue..,
Henri Cernushi sollicita Gustave Barbedienne, fondeur d art, aïeul de mon mari, pour l accompagner lors de son voyage en Asie, afin d étudier comment démonter ce bouddha pour le reassembler dans son atelier parisien.
Merci Mabel pour votre commentaire ! Géniale, cette connexion familiale !!!