“Esprit, es-tu là? Les peintres et les voix de l’au-delà” au Musée Maillol

L'inspiration artistique vient-elle de l'au-delà ?

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Lesage en train de peindre en public à l’Institut métapsychique international, 6 avril-21 mai 1927 Bibliothèque Dominique Bozo, LaM, Photo : © Nicolas Dewitte / LaM

« La situation de l’artiste est humble. Il est essentiellement un canal. » C’est en ces termes que le pionnier de l’art abstrait et théosophe Piet Mondrian, définissait l’acte créateur. Et si la création artistique n’était, finalement, que la transcription d’un message venu d’ailleurs. Mais d’où? d’une entité transcendante, de la source, du divin?

L’exposition « Esprit, es-tu là ? » au musée Maillol semble bien confirmer cette vision à travers la présentation d’œuvres produites entre 1912 et 1976 par Augustin Lesage, Victor Simon et Fleury Joseph Crépin. Comment expliquer, en effet, que trois hommes, qui exerçaient les métiers de mineur, cafetier ou encore plombier, aient commencé à peindre sans aucune formation préalable et sans avoir montré la moindre intérêt artistique auparavant

Rien ne les prédestinait à une activité artistique. Or, tous trois furent guidés par des voix d’esprits venus de l’au-delà pour produire un œuvre pictural étonnant et prolifique. Le parcours muséographique permet de découvrir ces impressionnantes peintures « canalisées » tout en les réinscrivant dans leur contexte.

Qu’est-ce que le spiritisme ? 

Esprit es tu là
Tablette ouija
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Main spirite de marque Owen. Collection Surnateum, Bruxelles.

Le « spiritualisme américain » est né en 1848 près de New York, après que les trois sœurs Fox eurent affirmé être parvenues à contacter un défunt dans leur maison « hantée » de Hydesville. L’engouement pour les pratiques de communication avec les esprits se diffusa jusqu’en Europe. En France, le phénomène fut rebaptisé « spiritisme » en 1857 et suscita la fascination: Victor Hugo, Camille Flammarion, Jean Jaurès ou les époux Curie furent tous adeptes du spiritisme.

La première salle de l’exposition donne à voir une sélection d’objets utilisés par les médiums  pour d’entrer efficacement en communication avec l’au-delà. Outre le pendule ou le tarot divinatoire, la planche ouija permet d’orienter les mains des usagers vers des lettres. Plus inattendu encore: une « main spirite » permettait, à la manière d’un télégraphe entre deux sphères, de traduire des coups frappés en message, selon les règles du code Morse. Enfin, selon une méthode similaire, un remarquable guéridon au plateau tournant est exposé plus loin dans le parcours. Datant de 1864 environ, il porte des inscriptions alphabétiques qui facilitaient la retranscription rapide de coups en lettres, puis en mots.

Très en vogue dans les cercles littéraires et scientifiques, le spiritisme se mêla à des pratiques thérapeutiques et à des courants ésotériques préexistants, tels que la théosophie. Mais il intégra également la culture populaire pour devenir un phénomène de société, démontré par la projection du film muet The Medium exposed (1906).

Destins croisés de trois peintres du bassin minier

Au début du XXème siècle, le spiritisme trouva une résonance particulière dans le Nord de la France – peut-être en raison avec l’omniprésence de la mort dans le bassin minier, renforcé par les deux guerres mondiales qui touchèrent tout particulièrement la région. 

Les trois artistes mis à l’honneur dans l’exposition « Esprit, es-tu là ? Les peintres et les voix de l’au-delà » se connaissaient et se fréquentaient. Ils furent même exposés ensemble en 1946 dans une galerie parisienne. Mais malgré leurs similitudes, Augustin Lesage, Victor Simon et Fleury Joseph Crépin eurent chacun un parcours et un œuvre singulier.

Augustin Lesage (1876-1954): le mineur médium

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Augustin Lesage, Énigme des siècles, vers 1920-1924. Huile sur toile, 185 x 117 cm. Collection Mons en dépôt au LaM, Villeneuve d’Ascq.

Comme les autres membres de sa famille, Augustin Lesage commença à travailler à la mine dès l’âge de 14 ansA la fin de l’année 1911, tandis qu’il travaillait dans une zone reculée de la mine, Augustin Lesage entendit une voix qui lui dit « Un jour, tu seras peintre ». Effrayé, il n’en parla à personne. Toutefois, à l’automne 1912, il participa à une séance de table et fut désigné comme médium. Il créa trois dessins « automatiques » aux formes sinueuses et vibratoires, apparemment guidé par l’esprit de sa sœur Marie, décédée à l’âge de 3 ans en 1883.

Lesage affirma « Il n’y a rien de moi dans mon travail… L’esprit se sert directement de ma main ». Les voix l’invitèrent rapidement à passer à la peinture, lui indiquant quelle toile et quels pinceaux utiliser, mais aussi les couleurs et formes à matérialiser. Ces dernières devinrent de plus en plus géométriques, intégrant des motifs végétaux stylisés et des structures architecturales

Dans l’Énigme des siècles, et comme souvent chez Lesage, la composition est agencée de façon symétrique autour d’un axe central. Ressemblant à un grand temple contemplé à vol d’oiseau, il est constitué d’éléments qui paraissent abstraits. En regardant attentivement toutefois, on décèle des fenêtres ou des arcades, imbriqués avec des motifs purement géométriques.

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Augustin Lesage, Les Mystères de l’Antique Egypte, 1930. Huile sur toile, 143 x 113 cm. LaM, Villeneuve d’Ascq.

Lesage peignit d’abord chez lui, en parallèle de son emploi et de son activité de guérisseur-magnétiseurLorsqu’il vendait un tableau, il fixait son prix en fonction du salaire horaire de minier. Par manque de place, Lesage peignait ses grands formats par zones successives, déroulant sa toile au fur et à mesure. En 1923, il se consacra exclusivement à son art et, grâce à son succès, il put voyager et de participer à des expositions étrangères.

A compter de 1928, Lesage intégra des visages, ainsi que des objets inspirés de l’art égyptien, découverte lors d’une visite du musée du Louvre. Les Mystères de l’Antique Egypte (1930) rassemble notamment une statuette en bois et or découverte dans le tombeau de Toutankhamon en 1922, l’image de la reine Puabi, associée des tombes royales d’Ur, mais aussi des statuettes gréco-romaines et deux figures du Bouddha.

En 1946, il déclara : « Ma seule joie est d’avoir un pinceau en main, et d’être constamment sous les influences de ces artistes planétaires. »

Victor Simon (1903-1976): à la recherche du "temple universel"

Lepage considérait Victor Simon comme son successeur. Bien qu’ayant fait l’expérience de visions et de voix entendues dès son enfance, Simon commença à travailler à la mine en tant que graisseur de berlines avant d’obtenir un emploi de bureau. Il s’intéressa seul à la philosophie vers ses 16 ans et se rapprocha des cercles spirites. En 1933, alors qu’il tenait un café-tabac à Fouquières-Les-Lens, il effectua ses premiers dessins guidés avant de recevoir l’apparition de sept visages qui lui tinrent les propos suivants : « Tu dois peindre, tu dois exécuter une toile de quatre mètres sur deux et te mettre à l’œuvre avant fin juillet. » Le 31 juillet suivant, et alors même qu’il n’a jamais tenu un pinceau de sa vie, il entame sa première toile, aujourd’hui disparue, intitulée Résurrection.

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Victor Simon, Toile judéo-chrétienne, 1937. Huile sur toile, 194,5 x 298 cm. LaM, Villeneuve d’Ascq.

Par la suite, Victor Simon réalisa des centaines de petites toiles et une dizaine de grands formats qu’il comptabilisera en mètres carrés, puisqu’il conçoit son temple universel : « plus de 70m² d’enseignement », dira-t-il. Dans ses peintures,  les arabesques côtoient les motifs géométriques, évoquant aussi bien l’art byzantin, les enluminures médiévales, les tapis persans ou encore panneaux hindous : autant de « signes, véritables hiéroglyphes impossibles à déchiffrer. »

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Numéro 3 du journal Forces spirituelles, juillet 1947

Les figures humaines et religieuses ne sont pas en reste. L’impressionnante Toile judéo-chrétienne rassemble les visages de Jésus et de Moïse, soutenant un temple de la connaissance dont l’entrée est gardée par deux têtes de fauves protectrices. Bien que la composition confère cette impression, les motifs décoratifs ne sont pas symétriques. L’œuvre, qui incarne une étape vers une religion plus universelle, est restée cachée pendant cinquante ans avant d’être restaurée pour l’exposition.

Comme Lesage, Simon exerça également comme guérisseur, et ses talents furent reconnus jusqu’au Maghreb. En parallèle, il fonda en 1947 le journal Forces spirituelles dont il s’occupa jusqu’à sa mort. Cette publication lui permit de rédiger des commentaires de ses œuvres picturales. Enfin, les esprits lui confièrent une nouvelle tâche : écrire trois livres. En moins de trois mois : Reviendra-t-il ? parut, suivi en 1955 de Du sixième sens à la quatrième dimension et en 1957 de Du moi inconnu au Dieu inconnu.

Fleury Joseph Crépin (1875-1948): des tableaux pour la paix dans le monde

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Fleury-Joseph Crépin, Tableau n° 188, 11 avril 1942, huile sur toile, 58,5 × 58 cm, Collection particulière.
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Fleury Joseph Crépin, Tableau n°300 Souvenir de France, 7 mai 1945. Huile sur toile, 34 x 56 cm. Collection particulière.

Après l’obtention de son certificat d’études en 1888, Fleury Joseph Crépin exerça avec succès, aux côtés de son père, une série de métiers : serrurier, forgeron, plombier-zingueur, foreur. Musicien de talent, il pratiqua également la clarinette à un haut niveau. Mais ce n’est qu’en 1931 qu’un ami l’initia au cercle spiritualiste de Douai.

Crépin prit alors conscience de ses dons de guérison par l’imposition des mains et soigna de nombreux malades. Mais le tournant pictural eut lieu en 1938 lorsqu’un soir, sa main commença à lui échapper pour tracer des dessins alors qu’il était en train de copier de l’écriture musicale. L’année suivante, il commença à « peinturer »

Un soir de l’année 1939, des voix se firent entendre à Fleury Joseph Crépin, âgé de 63 ans:  « Quand tu auras peint 300 tableaux, ce jour-là la guerre finira. Après la guerre, tu feras 45 tableaux merveilleux et le monde sera pacifié. » Sa première huile sur toile fut signée, numérotée et datée du 25 mars 1939. Il peignit tout au long de la guerre, dirigé par ses guides, jusqu’à signer son dernier tableau le 7 mai 1945, la veille de l’armistice.

L’un des éléments les plus reconnaissables de Crépin sont les petites gouttes en relief, dont il se vantait de pouvoir en réaliser 1500 par heure. Les motifs évoquent des architectures néo-byzantines, combinant des formes géométriques avec des personnages au style naïf.

Après la victoire, Montgomery, Staline, Eisenhower, le général de Gaulle et le général Joukov (libérateur de la ville de Berlin) reçurent chacun un tableau de la part de Crépin. Les oeuvres d’après-guerre intègrent les drapeaux alliés avec des papillons, des arbres et des croix.

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Fleury Joseph Crépin, Tableau merveilleux n°5 17 décembre 1947. Huile sur toile 56 x 66 cm. Musée des Beaux-Arts de Dunkerque, LaM, Villeneuve d’Ascq.

Crépin fut exposé à Paris, à la galerie Lefranc au mois de septembre 1945, puis à nouveau en 1946 aux côtés de Lesage et Simon, à l’initiative de l’Union spirite française. A cette occasion, il attira l’attention de Jean Dubuffet, l’inventeur de l’art brut. En novembre 1947, quelques tableaux de Crépin furent remarqués par André Breton (qui en acheta deux) et Victor Brauner, qui virent dans ses oeuvres une réponse parfaite à la recherche d’automatisme chère aux surréalistes

Quant à la série des 45 tableaux merveilleux, censés pacifier l’humanité, Crépin l’entama en novembre 1947, laissant deux tableaux inachevés à sa mort, le 10 novembre 1948, ne permettant ainsi pas à la de s’installer durablement sur terre.

Des formes et des spiritualités universelles

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Victor Simon, La toile bleue, mai 1943 - octobre 1944. Dépôt du Musée des Beaux-Arts d’Arras.

Au rez-de-chaussée de l’exposition, de grands formats, dont la très belle Toile bleue de Victor Simon, est mis en rapport avec d’authentiques mandala jains ou bouddhiques népalais. Du sanskrit “cercle”, les mandala  servaient de supports de méditation, pour focaliser l’attention du fidèle. Ce parallèle est d’autant plus étonnant que Victor Simon, comme Lesage et Crépin, n’avait pas accès à ce type d’œuvre. Il se pose ainsi la question d’une vie universelle des formes qui transcenderaient les frontières géographiques.

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Stéfan Nowak, Route de lumière et d’amour, 6 décembre 1990. Huile sur toile, 60 x 85 cm. LaM, Villeneuve d’Ascq.

L’héritage artistique de Lesage, Simon et Crépin, semble se prolonger dans les oeuvres de Christian Allard (arrière petit-fils d’Augustin Lesage) ou de Stéfan Nowak: on y retrouve une esthétique similaire, entre symétrie, géométrie et répétition de motifs, et même des gouttelettes caractéristiques de Lesage, dans le cas d’Allard.

Le spiritisme chez les artistes “professionnels”

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Théophile Bra, Communications faites à Swedenborg, s.d, encre brune métallo-gallique sur papier, Carnet, 23,5 x 18 cm, Médiathèque Marceline Desbordes-Valmore, Douai, Photo : © Bibliothèque municipale de Douai

Le parcours de l’exposition « Esprit, es-tu là? » met également à l’honneur des créations réalisées par des artistes reconnus, tels que les oeuvres de Théophile Bra

Loin d’être un autodidacte, ce sculpteur majeur de l’époque romantique créa, suite à des problèmes familiaux apparus en 1826, près de 5000 dessins résultant « d’accès somnambuliques créateurs » et reflétant ses penchants pour les sciences occultes, la franc-maçonnerie, les religions judéo-chrétienne et orientales.

Guidé par des « psychélies » qui guidèrent sa main, il remplit des pages de figures, de motifs abstraites et de textes d’inspiration philosophique et métaphysique. Hanté par différents esprits, il  dessina leurs visages, dont  celui du visionnaire suédois Emanuel Swedenborg. 

L’importance des femmes dans le milieu spirite

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Elise Müller, La Fille de Jaïrus, 3 août- 15 septembre 1913. Huile sur toile et sur bois, 51,6 x 42 cm. LaM.
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Mme Bouttier, Sans titre, n.d, crayon et encre sur papier, 32 x 24,7 cm, Collection particulière.

De nombreuses femmes ont joué un rôle prédominant dans le milieu du spiritisme, et de l’art spirite. Leur rôle est d’autant plus intéressant qu’il semble savoir permis, pour beaucoup d’entre elles, une forme d’émancipation

Elise Müller, également connue sous le nom d’Hélène Smith, née en 1861 à Genève, se découvrit d’extraordinaire dons de médium à l’âge de trente ans lors d’une séance de spiritisme. Le professeur de psychologie Théodore Flournoy entreprit de retranscrire les rêves somnambuliques vécus par la jeune femme. Dans un état de transe, Elise Müller relata ses réincarnations en épouse d’un prince hindou ou encore en Marie-Antoinette puis, en 1894, son premier voyage sur Mars

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Madge Gill (Maude Ethel Eades, dite), (Sans titre), avant 1958, encre de Chine noire sur calicot, 175,3 x 96,5 cm, LaM, Lille Métropole musée d’art moderne d’art contemporain et d’art brut, Villeneuve d’Ascq.

Entre 1905 et 1915, elle peignit, à l’aide de ses doigts, une série de tableaux sous la dictée de voix venues du CielLa Fille de Jaïrus surprend par sa pureté et son esthétique proche de l’art naïf du Douanier Rousseau. L’œuvre devait avoir un pouvoir guérisseur et régénérateur. En 1933, des oeuvres de Müller furent reproduites dans l’article « Le Message automatique » d’André Breton, paru dans la revue Minotaure. L’artiste, quant à elle, fut peinte par Victor Brauner comme une Sirène, une figure associée à la connaissance. 

Parmi les autres femmes fascinantes présentées dans l’exposition, on peut citer Mme Bouttier, une mystérieuse lyonnaise proche des cercles spirites. Ses dessins automatiques semblent observer des feuilles végétales stylisées, et des insectes sous un microscope…

Enfin, l’anglaise Madge Gill, elle entama en 1919 une production compulsive de dessins à l’encre, suite à une séance de spiritisme. Réalisées sous la guidance d’un esprit qu’elle nomma « Myrninerest », ses oeuvres donnent à voir des visages féminins imbriqués dans des arabesques et des motifs d’échiquier déformés. En effet, ce n’est qu’après avoir griffonné une multitudes de lignes qu’elle laissait apparaître les visages…

Tendances spirites dans l’art contemporain

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Table Tournante ou Guéridon Spirite dite d’Allan Kardec, 1861-1875. Surnateum, Bruxelles.
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Rainier Lericolais, Toupie, 2016. Noir de fumée et peinture sous verre, 160 x 130 cm. Collection particulière.

 

Aujourd’hui, le spiritisme est toujours pratiqué par environ 10 millions de personnes, notamment  au Brésil. Mais la démarche créative de canalisation d’une puissance supérieure, propre l’art spirite, se retrouve également dans le travail de plusieurs plasticiens de notre époque. Rainier Lericolais, par exemple, vise à donner à voir l’invisible et à entendre l’inaudible. L’œuvre Toupie (2016) présente une plaque de verre enduite de noir de fumée, portant les traces des mouvements d’une toupie lancée plusieurs fois. Elle enregistre à la fois un phénomène qui se dérobe au regard de l’artiste, tout en présentant un dessin en apparence aléatoire, mais peut-être guidé par des règles qui nous échappent?

Quant à l’artiste Timon Nasseri, ses oeuvres laissent transparaître sa double-culture. En effet, il est né d’un père iranien et d’une mère allemande. Le dessin One and One #2 combine quatre triangles différents pour créer des motifs uniques, dessinés à l’encre blanche sur papier noir.  Le motif géométrique évoque les voûtes à muqarnas, typiques de l’architecture islamique. L’effet rappelle les architectures idéales desiinées par Augustin Lepage ou Victor Simon.

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Timo Nasseri, One and One #2, 2008, encre sur papier, 68 × 83 cm, Collection Cypanga, Paris. Courtoisie galerie, Schleicher/ Lange, Collection particulière.

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Cet article a 2 commentaires

  1. Marcelline Gueraïni

    J’ai vu l’exposition et j’y ai découvert ces peintres de l’Au-delà, dont j’avais entendu parler, mais sans véritablement m’y être intéressée… Exposition fascinante dont votre blog est parfaitement le reflet. Bravo et merci à vous

    1. Charlotte WILKINS

      Merci beaucoup Marcelline pour votre commentaire! je suis ravie que vous ayez pu voir l’exposition: je l’ai trouvée fascinante. A bientôt!

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